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Les "acousmoniums" 

Petite histoire

    Le terme d'acousmonium a été inventé par François Bayle, comme une déclinaison du terme acousmatique qu'il avait précédemment (ré)introduit, pour décrire le dispositif de projection sonore qu'il a constitué au sein du Goupe de Recherches Musicales à partir de 1974 (l'Acousmonium, avec un grand "A").
    Souvent présentés comme des "orchestres de haut-parleurs" (à mon avis à tort, car extrêmement réducteur), ces dispositifs sont maintenant assez nombreux, et si le phénomène a été au départ français, il s'est largement exporté de part le monde (Belgique, Angleterre, Canada...). Il existe même aujourd'hui quelques salles équipées d'une manière permanente d'un dispositif de projection sonore de ce genre : la Casa del Suono à Parme, le KlangDom à Karlsruhe, l'extraordinaire Sonic Lab à Belfast, et le plus ancien, l'Audium à San Francisco (non, rien encore en France ?...).
   
Selon les choix de leurs concepteurs et selon les époques, les acousmoniums peuvent être destinés à projeter des œuvres qui sont directement réalisées pour les projections publiques (c'est le cas de l'AcousMobile), ou plutôt à l'adaptation de celles qui sont composées pour l'écoute domestique du disque et de la radio (la projection spatialisée ou "interprétée" que l'on rencontre encore le plus souvent).

   Celà dit, la projection du son en public sur plus de deux canaux/haut-parleurs ne possède en soi rien d'exceptionnel depuis que le cinéma l'a popularisée. Depuis une dizaine d'années, c'est même devenu banal de pouvoir disposer à la maison d'une telle écoute dans une disposition réduite (le "surround"), que ce soit dans le salon autour de la télé ou de l'écran de projection, ou devant l'ordinateur (il est même difficile d'en trouver un aujourd'hui qui ne soit pas équipé d'une "carte son 5.1" ou même "7.1" !).

   Mais l'acousmonium n'est pas qu'un dispositif technique nécessaire à l'écoute publique des "sons fixés", c'est aussi un des outils indispensables pour la réalisation des œuvres acousmatiques, en tout cas celles qui sont composées en multiphonie (qui comporte plus de deux canaux).
   L'acousmonium est comparable pour l'acousmate au projecteur et à l'écran du cinéaste. Sans lui (l'acousmonium), il (l'acousmate) peut bien écrire des scénarios ou des partitions, faire des plans ou des programmes, mais en aucun cas manipuler la matière de son art (les sons) d'une manière concrète et sensible avec son outil principal (ses oreilles).

   Composer ce qu'on entend et entendre ce qu'on compose est au centre de toute la démarche de création acousmatique (la "méthode concrète"). "Composer pour acousmonium" revient simplement à appliquer ce précept...